La maladie d’Alzheimer est une maladie dégénérative du cerveau dont les caractéristiques cliniques principales sont la baisse progressive de la fonction cognitive. Pendant les premiers stades de la maladie, la mémoire à court terme est la plus touchée, par la suite d’autres fonctions complexes sont impactées et des troubles du comportement apparaissent.

L’une des manifestations cliniques de la maladie est le trouble du sommeil. Des études ont montré que les patients atteints d’Alzheimer, par rapport à la population en bonne santé du même âge, présentent des changements dans la structure et la qualité du sommeil. La durée totale du sommeil ainsi que celle du sommeil paradoxal diminuent, de plus il existe de multiples périodes de sommeil peu profond par rapport à celles de sommeil profond. L’efficacité du sommeil devient également plus faible en raison de fréquents réveils nocturnes. À un certain stade, les patients Alzheimer subissent un retournement du cycle du sommeil – une tendance à somnoler pendant la journée et à être éveillés pendant la nuit, rendant par conséquent très difficiles, les conditions de travail des gardes malades. L’insomnie peut contribuer à aggraver les symptômes de la maladie ainsi que la qualité de vie des patients, de leur famille ou de leurs soignants.

Les troubles du sommeil sont dus à la dégénérescence des voies nerveuses qui régulent le mécanisme du cycle veille-sommeil ainsi qu’aux troubles qui dépendent du bon fonctionnement de l’horloge biologique. La fonction normale de l’horloge biologique est affectée par les modifications d’absorption de la lumière solaire et de la sécrétion de mélatonine par la glande pinéale, qui atteint son niveau maximal au cours de la nuit.

La carence en mélatonine s’étant révélée être plus fréquente chez les patients Alzheimer que chez les adultes en bonne santé, le traitement par la mélatonine pourrait donc être une solution aux troubles du sommeil dans cette population.

IMPORTANCE DU SOMMEIL POUR LES PATIENTS ATTEINTS D’ALZHEIMER

Plusieurs études ont analysé la fréquence des troubles du sommeil en cas de maladie d’Alzheimer, ainsi que la relation entre les troubles du sommeil et le déclin cognitif des patients.

Une étude américaine a révélé que le manque chronique de sommeil affecte probablement la vitesse du déclin cognitif lié à la maladie d’Alzheimer. Les résultats, publiés dans la revue Science Express, suggèrent que les médicaments qui améliorent la qualité du sommeil, peuvent ralentir la progression de la maladie. Une équipe de chercheurs de l’Université de Washington à St. Louis, a constaté que des souris privées chroniquement de sommeil présentaient un nombre plus élevé de lésions du cerveau caractéristiques de la maladie d’Alzheimer qui se développent à un rythme plus rapide que d’habitude (dépôts de la protéine bêta-amyloïde, appelées plaques).

Deux nouvelles études, publiées dans la revue JAMA Neurology, ont évalué la relation entre la qualité du sommeil et risque de maladie d’Alzheimer. La première étude, a montré qu’une durée courte et une mauvaise qualité du sommeil sont associées à une augmentation du risque de dépôts de plaque amyloïde dans le cerveau, altérations liées au développement de la maladie d’Alzheimer. Dans la seconde étude, des chercheurs canadiens ont constaté qu’une meilleure qualité de sommeil limite les effets du génotype (APOE apolipoprotéine) sur l’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Une autre étude publiée dans la revue Science a montré que la privation de sommeil, en particulier la diminution des « ondes lentes » se produisant dans les étapes les plus profondes du sommeil, altère la création de liens neuronaux ou « synapses » entre les cellules nerveuses, dans les zones du cerveau responsables de l’apprentissage et de la mémoire.

Ces résultats soulignent le lien clinique et biologique entre sommeil et maladie d’Alzheimer.

TRAITEMENT DES TROUBLES DU SOMMEIL DANS LA MALADIE D’ALZHEIMER

Les médicaments hypnotiques benzodiazépiniques ou non-benzodiazépiniques altèrent le sommeil paradoxal et le sommeil à ondes lentes, ce qui peut provoquer une nouvelle détérioration du traitement de l’information et des capacités cognitives du cerveau.

Plusieurs études sur des patients atteints d’Alzheimer ont constaté que la prise de mélatonine aide à réguler le cycle veille-sommeil, à améliorer la qualité du sommeil et à réduire le niveau de déclin cognitif.

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